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Extrait du corrigé : L'oeuvre d'art est-elle alors superflue?C'est oublier que nous sommes des hommes et non des animaux : l'instinct est en nous dominé par la raison qui elle aussi doit être satisfaite, et la sensibilité est la conciliation de notre nature purement sensible avec ce qui en nous est purement rationnel.Ainsi, l'artiste ne crée pas pour lui seul : implicitement il destine son oeuvre à un public, à l'ensemble des autres hommes. C'est donc que l'oeuvre peut nous apporter quelque chose, mais qui n'est pas de l'ordre de la satisfaction matérielle. Ce que l'oeuvre d'art nous offre, c'est une satisfaction intellectuelle, mais qui a lieu par le biais des sens. c'est un besoin de l'esprit que l'oeuvre d'art satisferait alors.I- L'oeuvre d'art comme production libre et gratuite*Les termes d'oeuvre et d'art impliquent l'idée d'un travail, d'un savoir faire. L'artiste, tout comme l'artisan, est détenteur d'une technique qu'il a dû apprendre et qu'il maîtrisera de mieux en mieux au fil du temps. Contrairement à ce que certains affirment l'artiste ne fait pas n'importe quoi, au contraire il suit un certain nombre de règles. Mais alors que dans le cas de la technique celui qui produit est conscient des règles et des moyens qu'il doit mettre en place, dans le cas de l'art ces règles et ces moyens sont inconscients.
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Le corrigé du sujet "Une oeuvre d'art est-elle utile ?" a obtenu la note de : 









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oeuvre connaître objectivité penser opinions nous-mêmes régimes meilleur démocratie pouvons-nous recevables d'art qu'à utile autrement admettre autrui renoncer science mort toute partir
HTML clipboardUne oeuvre d'art, à savoir un ensemble organisé de signes et de matériaux mis en forme par un esprit créateur, ensemble dont la beauté nous procure une satisfaction généralement désintéressée, constitue-t-elle un moyen pour atteindre une fin, une réalité dont l'emploi est avantageux ? Si l'art vise à l'utilité, s'il procure l'utile, n'est-ce pas parce qu'il répond à une fonction précise ? L'oeuvre d'art ne se distingue-t-elle pas de la technique ? Vise-t-elle donc essentiellement l'adapté et le fonctionnel ? Comment une satisfaction désintéressée peut-elle être en liaison avec l'utile ? Le problème essentiel est le suivant : faut-il rapprocher l'oeuvre d'art et les produits de la technique, dont l'essence est utilitaire, puisqu'elle désigne une application de connaissances à la production de biens matériels ?
Quels seraient les critères valables pour juger de l'utilité ou non de l'oeuvre d'art ? L'art ne doit-il être jugé que pour son utilité ? Le peut-il ? Doit-il avoir une utilité, ou doit-il justement ne pas en avoir pour être art ? Ne pourrait-on pas montrer que l'utilité de l'art, ce serait paradoxalement de ne pas en avoir et le soustraire ainsi à cette catégorie qui détermine tant de choses de notre existence, entravant souvent la liberté, pour pouvoir considérer l'art comme un plaisir purement esthétique, sans temps et sans loi ? Qu'entend-on par utilité : s'interroge- t-on sur l'art comme moyen, ou comme engagement (Sartre, Qu'est-ce que la littérature) ? L'art peut-il seulement être pris comme support de connaissance, de culture, de socialisation (Bourdieu, La Distinction) ? Selon Kant (Critique de la faculté de juger), l'oeuvre d'art exprime une finalité sans fin. L'utilité de l'art n'est-elle pas de proposer un univers qui ne corresponde pas à la réalité et qui permette un libre jeu des facultés ?
L'espace de Mondrian s'ouvre en réalité sur plusieurs espaces imaginaires, distincts de la distance figurative qui porte les signes géométrisés. Placez un Mondrian sur un mur et il apparaît aussitôt - du moins lorsqu'il s'agit des oeuvres valables de cet artiste - que la toile organise d'une manière active tout l'espace alentour. Les formes linéaires, mais non symétriques, entraînent le spectateur à géométriser dynamiquement l'espace. Il y a une sorte d'expansion de la valeur active des lignes et des surfaces. La voie ouverte par Mondrian a été féconde parce qu'elle a révélé aux artistes le rôle actif de leurs oeuvres comme étalon de l'imaginaire. Étroitement liée au développement de l'architecture contemporaine, à laquelle elle doit énormément au départ, l'oeuvre de Mondrian détermine l'instant où la géométrie change pour ainsi dire de sens, sans changer en même temps de forme. Sans transformation matérielle des signes utilisés, la géométrie plane se fait génératrice d'images spatiales dynamisées. Une nouvelle dialectique du réel et de l'imaginaire se développe à partir de ces compositions rigoureuses, sèches, mais chargées de vie. Les dernières compositions de Mondrian, Boogie-Woogie, souligneront les relations de ce style avec les nouveaux rythmes musicaux. C'est un renversement complet qui, de signes géométriques conçus pour découper l'espace en formes stables, tire des signes, également géométriques, mais conçus pour susciter une appréhension rythmique d'un espace dont les qualités fondamentales ont changé: vibrant de forces et non rempli de solides immobilisés.
Pierre FRANCASTEL, La pensée figurative.
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La tragédie est l'imitation d'une action de caractère élevé et complète, d'une certaine étendue, dans un langage relevé suivant les diverses parties, imitation qui est faite par des personnages en action et non au moyen d'un récit, et qui, suscitant pitié et crainte, opère la purgation [en grec: catharsis] propre à pareilles émotions."
ARISTOTE, La poétique,6, 1449 b.
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Mais si l'on admet que le but de l'art consiste non seulement à évoquer les passions, mais aussi à les purifier, autrement dit que l'évocation n'est pas sa fin dernière, une fin en soi, on peut dire, en donnant au mot "purification" une signification précise, que c'est la moralisation qui constitue le but de l'art. Nous avons d'ailleurs vu que, déjà, la simple représentation des passions comporte un certain degré de purification, de catharsis. Elle a pour effet de conférer une certaine maîtrise sur les passions et sur les impulsions indisciplinées et sauvages. On entend proclamer de certains côtés que l'homme doit rester en union avec la nature, mais les partisans de cette union ne se rendent pas compte que ce qu'ils prônent n'est autre chose que grossièreté et sauvagerie. Or, l'art, tout en représentant l'homme en union avec la nature, a justement pour effet d'élever l'homme au-dessus de la nature. Et c'est là le point essentiel.
L'art agirait donc en vivifiant, en renforçant la volonté morale, de façon que l'âme puisse s'opposer efficacement aux passions. C'est en ce sens qu'on dit que l'art doit poursuivre un but moral, que l' oeuvre d'art doit avoir un contenu moral. L'art doit contenir quelque chose d'élevé à quoi soient subordonnés penchants et passions, il doit émaner de lui une action morale, susceptible d'encourager l'esprit et l'âme dans la lutte contre les passions.
Cette manière de voir a soulevé dernièrement de nombreuses discussions. On a fait remarquer, en premier lieu, qu'un pareil but est indigne de l'art. S'il faut à tout prix assigner à l'art un but final, ce but doit être tel qu'il se suffise à lui-même; il ne saurait donc s'agir que d'une fin en soi. Dire que l'art doit plaire, être une source de plaisir, c'est lui assigner un but purement accidentel, qui ne peut être le sien. La religion, les moeurs, la morale sont déjà des objets existants en soi, et plus l'art contribuera à favoriser les aspirations religieuses, les tendances morales, à adoucir les moeurs, plus le but qu'il aura atteint sera élevé. Ce sont là des critères absolus, et en disant que l'art doit s'y conformer dans la création de ses formes, c'est lui assigner un contenu précis. En tant qu'expression de ce contenu, l'art a servi à instruire les peuples. Cependant, tout en assigant à l'art ce dernier contenu, on conteste que ce soit là son but final. Cette réserve. se rapporte surtout au mode de représentation. Conçoit-on les enseignements moraux de l'art sous la forme de propositions abstraites, de réflexions plus ou moins théoriques, ou veut-on seulement dire que ces abstractions et réflexions y jouent le rôle principal, l'élément sensible de devant y occuper qu'une place secondaire et ne servant que d'enveloppe à l'abstrait? Dans les deux cas on méconnaît totalement la nature de l'art. Par son contenu, l'oeuvre d'art doit être individuelle et concrète, une image qui s'adresse aux sens. Si le contenu n'est pas figuré en vertu de sa nature même, l'élément figuré devient tout à fait secondaire, le contenu est brisé, coupé en deux: il devient une abstraction recouverte d'ornements extérieurs, qui ne sont qu'une simple apparence. Une proposition abstraite se suffit à elle-même, sans avoir besoin d'ornements extérieurs qui ne sont faits que pour susciter l'ennui, en raison du manque de correspondance entre le contenu et la forme.
HEGEL, Introduction à l'Esthétique.
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