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Extrait du corrigé : Il ne cesse de fleurir dans les traditions religieuses des peuples primitifs et les psychanalystes découvrent sa présence dans nos rêves ou dans ces « archétypes » que les âges anciens ont, selon Jung, légués à notre inconscient. Le symbole est une image qui se donne pour une réalité, exactement comme la magie (qui ne se nourrit que de symboles) est un rêve qui se prend pour une action. Tandis que le magicien confond les gestes symboliques avec l'action réelle, le technicien au moyen des signes scientifiques se donne une représentation adéquate du monde et parvient à le dominer. A l'époque néolithique, l'invention de l'écriture, et celle de la monnaie, autre abstraction, c'est le congé donné par la technique rationnelle à l'impérialisme de la pensée mythique ; c'est le signe qui commence à chasser le symbole.Mais pour nous qui avons connu toutes les démythisations et qui vivons sous l'empire du signe mathématique. ce rationalisme d'une sèche probité paraîtra trop exsangue. Notre époque où le signe triomphe a la nostalgie des symboles. La vogue des psychanalyses, l'incessant appel aux mythes dans notre théâtre ou notre philosophie en témoignent surabondamment.Le signe mathématique est l'expression de l'intelligibilité suprême si l'on entend par intelligibilité l'absence totale du mystère, la pleine possession par l'esprit de ses instruments ; il est l'expression de la puissance humaine si l'on entend par puissance le pouvoir d'agir sur la matière, de bouleverser les objets du monde. Mais la spiritualité de l'algébriste et la puissance du technicien ne sont-elles pas une caricature de la véritable spiritualité et de la véritable puissance ?
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