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Extrait du corrigé : [1. Le caractère perturbant de la vérité] Dans son allégorie de la caverne (La République), Platon montre à quel point la vérité peut être douloureuse : le prisonnier que l'on extrait de la caverne n'en sort pas volontiers, car il s'était habitué au défilé des images trompeuses qu'il contemplait sur le mur. Une fois à l'extérieur, le soleil l'éblouit ; et lorsqu'il est ramené vers ses anciens compagnons, ceux-ci accueillent d'abord son discours avec incrédulité ou moquerie : eux non plus ne tiennent pas à mettre en cause ce qu'ils admettent.Il n'en reste pas moins que la vérité est affirmée comme le but de la réflexion : l'atteindre est un véritable devoir, quels que puissent être les efforts à accomplir pour la découvrir et la diffuser. C'est qu'elle nous promet des connaissances en prise sur le monde et que, de la sorte, elle nous garantit des comportements plus efficaces en même temps que des satisfactions spécifiques pour l'esprit.On peut toutefois s'interroger sur la capacité qu'aurait la vérité de nous apporter le bien-être. En fait, sa quête, souvent longue et difficile en elle-même, implique que l'on soit toujours prêt à renoncer à ce qui était admis ; de ce point de vue, elle suppose un dynamisme de la pensée, que l'on peut cependant désigner aussi de façon plus négative comme une instabilité de principe. Pour l'esprit en quête du vrai, rien n'est à considérer comme définitivement stable, et l'image que nous avons du monde est sans cesse à reconstruire ou à modifier. Il n'est pas étonnant, dans de telles conditions, que la révélation du vrai suscite des résistances, ou même des craintes. Ainsi, le passage du géocentrisme à l'héliocentrisme s'est aussi soldé par une mentalité nouvelle, soulignant la façon dont l'homme était devenu bien peu de chose relativement à la totalité de l'univers.
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mort nous courage vérité régimes opinions lui réconforte connaître lorsque nous-mêmes l'illusion admettre dérange parlons autrement préférer fin démocratie possible pouvons-nous autrui liberté meilleur qu'à penser sans recevables l'unique partir visons
Est-on en droit, sous prétexte que la vérité apporte de la souffrance, tant morale que physique, de lui préférer l’illusion qui nous berce dans une douce ignorance ? La vérité est-elle source de souffrance en elle-même ou seulement en tant qu’elle désillusionne l’homme sur le monde et les choses ? N’est-ce pas bien plutôt l’illusion, dans son caractère irréductible, qui peut être source d’illusion ?
Il faut donc en réalité s’interroger sur le statut de la connaissance : la vérité est-elle apte à rendre l’homme heureux, c’est-à-dire est-elle la réalisation pleine et entière de la nature raisonnable de l’homme si elle n’apporte que souffrance ?
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